Mon GR10, par fK

Étape 1 : Hendaye / Sare

L’étape en chiffres

32,3 km (pour 29,6 annoncés)
1 640 m de dénivelé (pour 1 120 annoncés)
Étape « facile » (40,8 équivalent-kilomètres prévus)
Départ 15h43, arrivée 21h32
5h22 de marche effective et 0h27 de pause (temps « topo-guide » 9h45, temps prévu non significatif)

Tracé GPS 01

Le journal de l’étape1 étoile

5h30.
Le réveil sonne. Ça y est, c’est l’heure du grand départ.
Je saute dans l’unique pantalon qui ne me quittera plus pendant deux semaines, je fais les lacets, et peu avant six heures je pédale sur mon VélôToulouse en direction de la gare, sous une légère bruine : je fais bien de quitter Toulouse et d’aller profiter du soleil de la montagne.

Le premier de mes 3 trains est pour Pau. Je ne peux m’empêcher de sourire : oui, mon billet est tamponné, et à défaut de tarif mi-couple, je n’ai payé qu’à partir de Montréjeau puisqu’avant le conseil départemental fait voyager les chômeurs à ses frais.
Il est tôt, je somnole pendant le trajet, et je suis donc à Pau très rapidement.

En descendant du train, je rentre dans la gare et je lis le panneau d’affichage pour voir sur quel quai aller.
Il n’est pas encore 10h, et je dois dormir encore : il n’y a que deux trains d’ici midi, puis un peu plus dans l’après-midi, mais surtout, aucun train pour Bayonne, et donc pas mon TER 67007. J’ai beau fixer le panneau, rien n’y fait. Je me dirige donc vers le guichet d’information, sans voir le gros message à côté du panneau principal annonçant une grève en Aquitaine.
Je suis fixé dès la file d’attente : aucun train ou presque, tout le monde est renvoyé vers un bus pour Dax, qui partira dans la cour, et avec 30 minutes de retard, et ensuite, à Dax, nous aurons nos TER pour Bayonne ou, dans mon cas, Hendaye…
Ça commence bien…
Et moi qui n’ai pas voulu aller à Hendaye la veille pour ne pas passer une après-midi dans le train… Ah, là, là. Mon roadbook était sans doute trop parfait, trop bien préparé. Il fallait bien un peu de chaos dans tout ça.

Le bus finit par partir, bien plus en retard qu’annoncé. Et par arriver à Dax à midi.

A cette heure-là, j’aurais dû déjà être sur la plage d’Hendaye, pour démarrer ma première étape. Chaque minute qui passe est donc une minute à rattraper tout à l’heure dans une étape qui s’annonce sportive : je vais devoir courir pour arriver avant la nuit. Quant au rendez-vous au resto à Sare à 20h avec Fred et Mandana, en vacances dans le coin, il est déjà en suspens.

Le prochain TER pour Hendaye est annoncé à 14h45… C’est dans une éternité. Et j’ai un GR sur le feu, moi !
J’essaie donc de voir si le bus de substitution ne continue pas jusqu’à Bayonne, je demande à la gare routière (un bus part plus tôt, mais longe la côte et met un temps fou, donc ne me ferai rien gagner, d’autant qu’il faudrait repayer le billet complet !). L’espoir vient de Blablacar, car une fille propose un covoiturage qui part 30 minutes plus tard pour Hendaye. Las… Elle ne répondra jamais à mes messages…
Tant pis. Je prends donc mon mal en patience, le TER finit par arriver (en retard), par partir (en retard), par rouler (moins vite que prévu), par passer par Bayonne (où la marée humaine blanche et rouge me fait comprendre la raison de la grève : ce sont les fêtes de Bayonne, donc autant enquiquiner un maximum de monde en faisant sauter tous les trains, notamment ceux spécialement mis en place pour l’événement), et par me déposer aux Deux Jumeaux.
15h30, contre 11h30 prévu… Super.

Me voilà cependant rapidement sur la plage, puis devant le panneau de départ du GR.
Enfin, l’aventure peut commencer. Je fais l’inévitable selfie devant le panneau, j’ai monté les bâtons, le topo-guide en poche… Et c’est parti pour 450 kilomètres de bonheur !
Je sais cependant que pour arriver à une heure décente, il n’y a plus qu’une méthode : le trail, donc il faudra que je marche à mon meilleur rythme en montée, et que je trottine sur le plat et dans les descentes.

Le panneau de départ à Hendaye

Top départ pour l’aventure !

La sortie d’Hendaye longe la plage, puis traverse des lotissements, sur des petites routes. Il faut bien quitter doucement la civilisation.
Rapidement on trouve un sentier dans un bois, qui amène à un tunnel pour passer sous l’autoroute. Et là, grosse surprise : le tunnel est équipé de capteurs de mouvements, et la lumière s’allume sur mon passage. La grande classe, les basques !

Le fronton de Biriatou

Si, si, le GR traverse le fronton !

Juste avant Biriatou, il y a deux GR10 : une version directe sans passer par le village, l’autre qui fait un petit crochet. Je m’accorde le crochet, et je ne le regrette pas. Le petit village est mignon comme tout, et surtout, le sentier passe… au travers du fronton de pala ! Une famille était en train de jouer, mais l’ado a envoyé la pelote dans les jardinières quand je suis arrivé, donc je passe sans déranger personne.

Première montée d’une très longue série. Dans l’herbe, raide, mais comme je les aime.
Elle mène à une table d’orientation et un banc avec vue. 1h15, petite pause pour boire un coup et admirer.

Au col des Poiriers, pas mal de monde, et un père de famille qui me demande où est le chemin de la boucle… J’imagine que mon équipement et mon air décidé font de moi un randonneur qui connait tous les chemins !

Les montées et descentes se succèdent, les cols s’enchaînent.
J’entends aussi les premières cloches : « Ah, premiers troupeaux… Vaches ? Moutons ? ». Tout faux ! Ce sont des chevaux ! Et en effet, tout au long des trois ou quatre premières étapes, ils seront nombreux, les troupeaux de pottöks, en semi-liberté, à faire tinter leurs cloches à mon passage.

Ceci étant, je tiens mon rythme de simili trail.
Mais en arrivant au col d’Ibardin, je sens la fringale qui approche. Ça tombe bien, il y a quelques restaurants et magasins. Je fais le plein de pots de cacahouètes, fruits séchés et autres noix : un bon ratio énergie / poids.
Mais la phrase qui dit qu’en montagne, « le poids, c’est de la peur », va se vérifier. J’en achète tellement sur le coup de la faim que je finirai le dernier pot la veille de l’arrivée. Et pendant tout ce temps, j’aurai alourdi mon sac super léger d’un kilo de noix !
Je suis surpris aussi de voir les articles présentés : on dirait plutôt des trucs espagnols, même si les affiches sont en français. C’est à la caisse, avec la machine à carte, que je découvre le pot-aux-roses : en fait, je suis bel et bien en Espagne. Le GR fait en effet quelques petites incursions sur les premières étapes.
La pause est courte, cependant, car il est 18h, et je ne suis pas tout à fait à mi-course. Un SMS à Fred pour lui donner un point de situation, et c’est reparti au petit trot.

La suite de l’étape est un peu moins intéressante, mais offre pas mal de points de vue sur la côte, jusqu’à Saint-Jean-de-Luz. J’en profite, car je me dis que c’est sans doute la dernière fois que je vois l’eau. Ensuite, il faudra attendre Banuyls !

Je double une fille qui monte avec un bon rythme au parking d’Olhette, et je la re-double plus haut dans la montée vers la Rhune, ce qui nous vaut de rire tous les deux… Le GR ne doit pas être le chemin le plus court…

Vers le col des Trois-Fontaines, le soleil commence à décliner. C’est l’unique avantage du départ tardif, je profite du soleil couchant et de la lumière particulière. Et je monte toujours, quand d’autres installent leur bivouac pour la nuit, voire sont déjà à poste.

Vue sur la côte depuis le col des Trois-Fontaines

Dernière descente. J’accélère, car il est déjà 20h passées.
Fred et Mandana doivent s’impatienter, malgré les SMS réguliers pour les informer, et surtout, les puces vont être mortes de faim s’ils ne les font pas manger avant le resto.
Je finis par arriver à Sare, complètement trempé, et à les retrouver.
21h30… Ah bravo et merci la SNCF Aquitaine !

Il me faut encore galérer un peu pour trouver l’hôtel qui est à l’autre bout du village (je me souviens, maintenant, l’avoir choisi en me disant que c’était autant de gagné pour le lendemain !), changer de T-shirt, et nous partons vers le resto qu’ils ont repéré.
Mais il est tout aussi compliqué à trouver que mon hôtel, en dehors du village, et au final nous mettons les pieds sous la table à 22h passées. L’assiette composée avec saucisses et accompagnement est cependant réparatrice, et le gâteau basque me rendra du sucre !

Au retour à l’hôtel, à minuit, c’est sous la douche que je me rends compte du cadeau bonus des enquiquineurs de grévistes. Comme si le retard au démarrage et le stress n’étaient pas assez, le fait d’avoir fait du trail avec une tenue de randonnée, notamment un pantalon ample et pas un cuissard moulant, fait que j’ai deux fois deux grosses inflammations à l’intérieur des cuisses. Rien que l’eau de la douche me brûle…

Super… Les prochaines étapes vont être compliquées, car le frottement sera douloureux. Et impossible à éviter. J’ai donc gagné le droit de commencer l’étape de demain par un détour à la pharmacie pour de la biafine. Et ça tombe bien, la pharmacie est dans le village, donc il faudra que je reparte en arrière !
Je vous jure… A cet instant-là, je me dis que ce ne sont vraiment pas les bons qui se font virer…

Et je m’endors comme une masse.
Je voulais de l’aventure, de la nature, eh bien voilà, j’ai tout ça !

L’hébergement : Hôtel Pikassaria3 étoiles

Un peu excentré malheureusement (en sortie de la ville, mais pas trop loin du GR), ce qui ne m’arrangeait finalement pas du tout vue l’heure d’arrivée et le rendez-vous avec Fred et Mandana.

Accueil sympa, les chambres sont récentes et propres, la salle de bain tout à fait correcte.

Mais le gros plus, c’est un joli buffet de petit-déjeuner bien garni : charcuterie, fruits, diverses viennoiseries et pains, yaourts, etc. Pas encore le niveau des hôtels allemands, certes, mais pour la France, c’est le haut du panier.

63,48 € : 55 € la nuit + 8 € de petit déjeuner + 0,48 € de taxe de séjour
(trouvé et réservé via Boooking)

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