Mon GR10, par fK

Étape 9 : Gabas / Arrens-Marsous

L’étape en chiffres

37,3 km (pour 32,0 annoncés)

2 525 m de dénivelé (pour 2 570 annoncés)

Étape « difficile » (57,7 équivalent-kilomètres prévus)

Départ 07h40, arrivée 17h56

9h13 de marche effective et 1h03 de pause (temps « topo-guide » 15h35, temps prévu 9h37)

Tracé GPS 09

Le journal de l’étape

Après la nuit chacun chez soi, je retrouve les filles au petit déjeuner. Nous échangeons nos coordonnées, comme en colonie de vacances. Et nous démarrons l’étape du jour à 4, avec le tourangeau qui a plié son bivouac et pris un café au bar de notre hôtel. Nous traversons ensemble le village par la route, puis vient le moment de la séparation, car mon étape fait quelques kilomètres de plus que la leur qui s’arrêtera à Gourette, et donc que nos rythmes vont devoir différer.
Nos adieux sont rapides pour ne pas être déchirants, et me voilà parti, à nouveau seul et donc à mon rythme naturel, laissant derrière moi avec un peu de tristesse LA rencontre qui restera de cette demi-traversée. Mais ça fait partie du jeu, je le savais en planifiant le tout.
Et en parlant de programme, comme je commence à voir que je suis assez régulier sur 60% du temps annoncé dans le topo-guide, je vise le sommet de la Hourquette d’Arre avant midi, Gourette à 14h, et l’arrivée avant 18h, comme toujours ! Mais pour tenir ces délais, il ne faudra pas batifoler en route.

Un torrent dans la forêt de Piet

Dans la forêt de Piet

Le chemin commence par une montée en sous-bois, ou plutôt la tranchée, car des engins sont passés pour des travaux et l’entretien du bois et ont défoncé ce qui devait être une jolie piste forestière. La corniche est Alhas, annoncée comme vertigineuse, me laisse de marbre, pour le vide comme pour la vue.

S’en suit une assez longue montée raide pour le plateau du Cézy, qui est lui, beaucoup plus joli. La vue s’ouvre sur la vallée, et il me faut de nombreux coups d’œil avant de voir qu’en face, c’est une station de ski, puisqu’il y a des remontées dans les arbres et les prairies. Comme quoi, on peut aussi faire du ski sans devoir tout défigurer. C’est rassurant !
Je double un couple de breton, pas aperçu la veille mais dont Isa et Béa m’avaient parlé en disant qu’ils se suivaient, puis un groupe de 3 copains. Et je profite du premier arbre qui arrive pour faire ma pause du matin.

Le chemin de l'ancienne mine de cuivreLa suite de la montée vers la Hourquette se fait au fond de la combe, et à défaut de voir l’ancienne mine de cuivre mentionnée dans le guide, je vois mon premier névé. Et j’arrive finalement au sommet, à… 11h44.
La vue, depuis ce qui est le deuxième plus haut sommet de mon périple, est encore une fois magnifique, sur plusieurs côtés, et avec toujours la mer de nuages en plaine. Dire que j’ai une semaine de canicule là où les non-montagnards se cognent des nuages tous les jours… Hi, hi !
Le lac d'Anglas et la mer de nuagesL'ancienne mine de ferLe chemin descend ensuite dans de la pierre ocre, qui contraste avec l’herbe de la montée de l’autre côté, vers une ancienne mine de fer, inratable celle-là, jusqu’au lac d’Anglas où je fais ma halte pique-nique avec tous les restes de la veille. Un groupe de trois étrangers me demande dans un français avec une pointe d’accent le temps pour monter au lac. Ceci me vaut le petit exercice savant de calcul, niveau certificat d’études, que voici : « Donnez un temps de montée à un groupe sachant que je n’ai pas le même rythme, que j’ai fait le parcours en descente, et surtout qu’en arrivant de la Hourquette j’ai vu le lac, mais sans y passer directement. » Vous avez non pas deux heures, mais trois secondes.

A la descente après le lac, les nuages semblent vouloir monter, poussés par le vent. Nous étions donc faits pour nous croiser. Et de fait, la fin de l’étape se fera quasiment intégralement dans le brouillard. Heureusement, la partie la plus intéressante est derrière moi, et j’en ai bien profité.
J’arrive dans le béton de Gourette. Retour à la dure réalité de l’urbanisme des stations de ski… Un passant croisé dans une rue en sortant du village me demande le chemin pour la chapelle. Je reste perplexe : ai-je vraiment l’air d’un fidèle allant prier ? A la rigueur, si j’étais sur les chemins de Saint-Jacques, pourquoi pas, mais là, je ne vois pas ce qui lui laisse croire que j’en avais la moindre idée. Peut-être étais-je juste la seule âme qui vive qu’il ait croisée…
Je rate une balise planquée sur un réservoir d’eau, ce qui me vaut une dizaine de minutes à décrire un grand cercle en jouant dans les arbres et dans la pente. Ce qui n’a rien d’amusant.

Moult balises

C’est pas sûr, mais c’est peut-être par là

Et une fois recalé, c’est parti pour une dure montée, bien raide, vers le col de Tortes. Je rattrape une mère de famille qui a une frayeur en me voyant (bah oui, c’est sûr, je piaille moins que toutes les ados qu’elle emmène, donc même le bruit de mes bâtons ne suffit pas à me signaler). Et en dépassant les dernières filles, l’une d’elle, âgée tout de même d’une douzaine d’années, me demande « Elle est longue, la balade ? ». LA balade ??? Mais quelle balade ?! Je lui réponds que la sienne, je ne sais pas, mais que la mienne dure deux semaines. Moqueur que je suis.
Ceci étant, je compte jusqu’à 5 balises différentes sur le même rocher. La preuve qu’il y a moult balades…

Au col, une famille attend que le temps se dégage. La fille, depuis le sommet, m’annonce une superbe vue. Elle l’est sans doute, les autres jours. A défaut, nous nous consolons avec un aigle qui passe au-dessus de nous.
La descente est facile et rapide, à l’exception d’un moment où je m’arrête net, nez à nez avec une petite vipère. En revanche, la montée suivante est plus compliquée, à chercher les balises dans le brouillard et à tenter de distinguer le sentier, qui est un tracé vert foncé dans des champs d’herbe vert un peu plus foncé. Sport compliqué s’il en est, mais qui devient encore plus intéressant quand il faut éviter les vaches qui se lèvent au dernier moment à mon passage, ne me voyant qu’à quelques centimètres et ayant peur que je trouble leur rumination.
Je double un anglais solitaire avec un sac énorme. Je le reverrai au bout, bien après mon arrivée.
Arrens-MarsousEt l’étape se termine sur un chemin plus traditionnel, en terre battue, avant l’arrivée à Arrens. Les toits gris en ardoise m’évoquent Luchon, mais en plus petit et moins encaissé.

18h sonnent dehors quand je me déshabille dans la salle de bains de ma chambre. Je souris…
Petite virée à l’autre bout du village pour faire quelques courses, pour l’apéro que je mange sur le chemin du retour, et pour le lendemain. Il se met à pleuvioter quand je rentre.
Je dévore les plats (très bien servis) du jour : soupe de légumes (la soupière y passe avec mes trois ou quatre assiettes), côte de porc panée avec des petits pois et carottes, fromage (le quart de tomme entier arrive dans une assiette avec un couteau, et on se sert à volonté), et gâteau aux poires.
Un hollandais et son fils dinent en silence derrière moi, un autre couple français plus âgé est déjà parti. Quant à moi, je file en voyant arriver un groupe de 8 autres hollandais (y’a un nid ?), dont 4 jeunes enfants qui ont l’air motivé pour faire monter le niveau sonore de la pièce.

Avant d’aller dormir, je fais un tour à l’office du tourisme pour voir la météo… Orages et pluie annoncés pour toute la journée, ça s’annonce mal… Mais il sera temps d’aviser au lever !

L’hébergement : Hôtel le Tech1 étoile

Bienvenue dans le passé… Un hôtel glauque et vieillissant.
La salle du bar est grande comme une salle de gare, mal éclairée, toute en ocre, brun et autres tons sombres, et remplie uniquement à moitié avec les tables (qui servent pour le petit déjeuner). La salle à manger est surannée, avec les salières en métal toutes cabossées, et les peintures de scène de chasse sur la moquette aux murs. Les chambres sont à l’avenant, avec une plomberie hors d’âge et des WC à broyeur, adaptation tardive pour garder la deuxième étoile, mais faite à minima en fonction de la plomberie susmentionnée. Un autre signe : c’est le seul des 12 hébergements qui n’ait pas de site web…
Bref, mieux vaut choisir une autre adresse, d’autant que la facture est plus que salée (52,50 la nuit et 16,50 de plus pour le repas) !

52,50 € : 46,00 € la nuit + 6 € de petit déjeuner + 0,50 € de taxe de séjour (vu sur le topo-guide).

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