Mon GR10, par fK

6 équivalent-kilomètres à l’heure

Au moment de me lancer dans la préparation et de définir les étapes, la question de mon rythme de marche s’est imposée comme cruciale.
Le choix de partir sans tente imposait de trouver un toit chaque soir. Or des toits, il n’y en a pas tous les cent mètres non plus, ce qui a rapidement imposé les blocs de marche possibles. Restait à savoir combien de blocs je devais prévoir chaque jour. J’avais certes l’exemple de Stéphanie en tête, mais il restait à savoir combien de temps me prendrait chaque étape pour voir si cela passait ou pas dans la journée.

D’où LA question : à quelle vitesse marche un randonneur ?
Un randonneur ne marche pas, il monte : on parle toujours d’un taux de montée de 300 mètres à l’heure, et jamais de la vitesse linéaire. Et c’est sur ces bases que sont bâtis les temps des topoguides, dont il faut reconnaître qu’ils sont plutôt fiables.
Certes. Mais je savais que mon rythme naturel (j’entends par là mon rythme de marche nominal, sans réfléchir, sans forcer, sans courir) est plus rapide que cette moyenne. Mais de combien ?
A force de courir, je connais parfaitement mes allures sur le plat. Mais pas en marchant sur un terrain qui est tout, sauf plat.
Pour répondre, je me suis basé sur les « équivalent-kilomètres ». A savoir que 100 mètres de dénivelé positif comptent comme un kilomètre de plat. C’est la règle qui est donnée en course à pied et en trail, et ma foi, elle marche plutôt bien.
J’étais donc parti sur une base de 6 équivalent-kilomètres à l’heure.

  • Au bilan, cette estimation était légèrement en dessous de la réalité :
    En descente, le dénivelé ne compte pas, et je suis à peu près à cette vitesse si la pente n’est pas trop forte, mais rapidement en dessous si la pente est élevée ou le sentier délicat ;
  • A plat, je suis en effet quelque part entre 5,5 et 6 km/h ;
  • En montée, en revanche, mon rythme vertical varie entre 500 et 900 mètres à l’heure suivant la qualité du terrain et la pente, à quoi il faut ajouter la distance parcourue linéairement : et j’étais donc très souvent à 8 équivalent-kilomètres par heure.

Cependant, une bien meilleure mesure s’est rapidement imposée : au bout de quelques étapes, je me suis rendu compte que je mettais, avec une régularité très forte, 60 % du temps indiqué dans le topo-guide. C’est vrai en moyenne, avec quelques petites variations suivant la pente (en montée, c’est plutôt 50 %, en descente, plutôt 70 %) ou le type de terrain (dans un pierrier, il est difficile de gagner beaucoup, par exemple). Mais c’est quand même un indicateur plus fiable que les 6 équivalent-kilomètres à l’heure.

Je pense donc que la meilleure méthode est de se lancer sur des randos, quelles qu’elles soient, et de comparer par rapport aux temps de référence indiqués sur les panneaux ou sur les topo-guides (qui sont normalement identiques ou très similaires).


Au sujet du rythme, et donc de sa conséquence, la distance parcourue chaque jour, il me faut reconnaître que j’ai été sans cesse étonné de voir le chemin que nous pouvons parcourir simplement à la force de nos jambes.
Très souvent dans les montées ou dans les cols, en se retournant, il est possible de voir loin, très loin, parfois plusieurs des cols ou des lignes de crêtes précédents. Et à chaque fois que je me retournais et que je me disais « Ah, bah oui, tiens, je passé par là, puis par là… » je n’en revenais pas de la distance.
Mais oui, en une étape, on peut changer une, deux, voire trois fois de vallée.

A titre d’illustration, voici les temps de marche à différents points de passage dans la descente du pas d’Azun, le passage à Lescun puis la montée du col de Barrancq, lors de l’étape 7 (il y a une quinzaine de kilomètres entre le pas d’Azun et l’endroit où la photo a été prise) :

Illustration du parcours

Que de chemin parcouru en quelques heures à peine

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