Mon GR10, par fK

Étape 17 : Aunac / Saint-Lizier d’Ustou

L’étape en chiffres

39,7 km (pour 36,9 annoncés)

2 384 m de dénivelé (pour 2 400 annoncés)

Étape « difficile » (60,9 équivalent-kilomètres prévus)

Départ 08h03, arrivée 17h48

8h50 de marche effective et 0h55 de pause (temps « topo-guide » 13h50, temps prévu 8h18)

Tracé GPS J17

Le journal de l’étape1 étoile

Il y a encore du pain sur la planche, donc je démarre tôt, en me demandant si je vais déjà croiser les presque 300 coureurs qui se sont élancés face à moi ou si cela ne sera que pour demain. Normalement, à part la tête de course si elle est vraiment rapide, ce n’est pas encore le jour J.

Je démarre sur une piste en herbe, traverse le petit village d’Aunac, et continue à lambiner sur la piste. Car ça n’avance pas… Pour preuve, il me faut 37 minutes pour atteindre le moulin Lauga (1), annoncé à 35 minutes par le topo-guide… Heu, si tous les temps ont été calculés de la sorte, ça ne va pas le faire du tout, moi qui compte sur mes 60 % du temps de référence.
Ce n’est pas beaucoup mieux sur l’ancienne route en bord de rivière, mais je finis par atteindre l’ancienne marbrerie (2).
S’en suit un chemin en forêt super agréable, au bord de l’eau. Je retrouve aussi un bout de forêt dense avec la mousse sur les arbres, mais toujours pas de lutin. En revanche, je passe les deux couples qui étaient avec moi au gîte, et qui étaient partis un peu avant (et en passant par un raccourci que le propriétaire leur avait indiqué).
Un peu plus loin, je vois une veste par terre, et je ne tarde pas à tomber sur la famille qui va avec. La fille est bonne pour rebrousser chemin sur 50 mètres pour ramasser son vêtement que je lui signale abandonné.

A la cascade sur le ruisseau d’Estours, je sors casquette et appareil photo en prévision de la suite, car le soleil fait son apparition dans un replat.
En revanche, je n’ai toujours rien contre les taons qui sortent également et me témoignent tout leur affection dont je me passerais bien volontiers. La lutte contre ces parasites détourne mon attention des balises, et je perds le chemin dans les herbes. La sanction est toujours la même : 20 mètres de tout droit dans la pente pour remonter sur le sentier.

La cabane d'AulaLa suite est bien plus agréable, à monter en lacets dans la forêt.
Et rapidement, me voici à la cabane d’Aula (3), en 2h09 pour 3h30 annoncées depuis les carrières. Ouf, me revoici dans mon rythme. J’en profite pour boire pas mal, remplir les gourdes. En plus, je profite de la mer de nuages coincés dans la vallée, spectacle dont je ne me lasse toujours pas.
Un couple arrive et me demande l’heure au moment où je remets en route. Il n’est pas tout à fait midi.
Dans la montée, une fille me fait la prendre en photo (le selfie n’a pas tué tous les usages !), et s’inquiète des nuages. Ah, oui, c’est vrai, ils semblent monter… Du coup, j’ai peur de me faire rattraper. Mais non, c’était une impression, ils se disloquent un peu à l’arrivée sur le replat, mais restent dans la vallée, et je monte sereinement au col… qui n’est pas encore là.
C’est un de ces cols typique où à chaque fois que l’on se croit arrivé, ce n’est qu’une étape intermédiaire qui cache la suite. Encore un peu, puis encore un peu…

Et puis voilà. La Bouche d’Aula, 1 998 m, un troupeau de vache, puis un de chevaux un peu plus loin, et une vue superbe des deux côtés. Je dis notamment au revoir au Valier dont la silhouette domine toute la vallée parcourue pendant cette matinée.

La descente de la bouche d'AulaJ’attendais beaucoup de l’étang d’Arreau, et je comptais en faire mon point de pique-nique.
Las. Il est tout vert, et pas si joli, mais surtout, la seule table à l’ombre à la cabane vient d’être prise au moment où j’arrive. Tant pis, je continue.
D’en haut, je voyais les lacets de la piste. Mais le sentier les coupe, et donc la pente est forte, la descente exige donc de l’attention et n’est pas de celles que je préfère, une fois encore.
C’est le cas jusqu’à col de Pause (4) où le GR bascule dans la vallée, mais où il continue dans une alternance de piste (un peu) et de chemin tout droit dans la pente en raccourci (beaucoup), ne m’offrant pas le petit coin à l’ombre avec vue que j’espère pour mon pique-nique.

A la traversée de Faup, je tombe sur un thermomètre devant une maison. 23°C, c’est plus raisonnable que lundi et mardi quand j’ai démarré sous la canicule. Tant mieux.
Et je finis par me trouver mon coin à l’ombre, pile au moment où le téléphone sonne et où je peux enfin confirmer mon hébergement du soir après moult tentatives avortées dans la matinée pour cause de couverture réseau très incertaine.
Je mange les 4 € de pique-nique : une petite tomate, et deux mini-sandwiches… L’avantage, c’est que cela ne prend pas des heures, dirons nous.

La suite de la descente se fait par la route. C’est plus facile que les sentiers en pente trop forte, mais pas plus agréable pour autant.
A Couflens (5), je m’arrête pour prendre en photo les « Allées l’O.M. »… Il faut le faire !
Puis un groupe de petits vieux m’indique le chemin. Oui, oui, il faut franchir la barrière derrière laquelle deux chiens aboient (mais ne mordent pas), puis sa jumelle de l’autre côté du jardin. Étrange et inhabituel !

Le bar en libre-service de la ferme de Rouzé

Un open-bar, au sens propre !

La montée démarre avec de la boue, puis des pierres glissantes, puis encore de la boue. Hé bien, aujourd’hui, c’est décidément un festival de terrains pas terribles du tout.
Heureusement, l’arrivée à la ferme de Rouzé (6) dissipe tous mes tracas en m’offrant encore mieux que ce dont j’aurais pu rêver : les deux hollandais qui tiennent la ferme-auberge-gîte ont installé un genre de bar en plein air, avec une grande caisse qu’un tuyau rafraîchit en permanence et remplie de boissons en tout genre, qu’il suffit de payer en déposant son obole dans le petit panier prévu à cet effet.
Du coup, je flambe : deux cocas, un orangina, une pomme, le tout pour… 5 € ! Le top.

Ragaillardi, je plie les 2 heures de montée au col de la Serre-du-Cot (7) en 52 minutes chrono, dans la forêt et les nuages, et grâce à un sentier en forte pente. En haut, les vaches entourent le panneau, je les contourne. Ce n’est pas l’heure de prendre un coup de corne.
La dernière descente du jour est chouette au début, mais longue et sur la route par la suite.

Cela dit, me voici au gîte, qui est juste là à l’entrée du village. Et qui se révèle une super adresse. Je regrette presque d’y arriver assez tard et donc de ne pas pouvoir profiter encore plus du salon et du balcon (où je sirote quand même ma bière après la douche).

Le patron nous régale : salade et tarte aux poireaux et aux oignons, coucous et agneau grillé (troisième fois de l’agneau en 4 jours , je me demande s’il n’y a pas des élevages dans le coin), fromage, gâteau aux framboises. Le tout bio, du jardin que notre hôte cultive derrière le gîte, et en sa compagnie puisqu’il dîne à table avec les 7 clients du soir : trois amis (dont un irlandais très marrant qui vit en France depuis 30 ans), un couple de Montpelliérains et un mec d’un caractère hyper négatif qui passe son temps à geindre, à se plaindre ou à chouiner sur l’herbe plus verte ailleurs au lieu de profiter.

Après le repas, je profite du wifi pour publier les articles sur les premières étapes sur le blog, je trie mes 65 nouveaux messages, je jette un œil sur ce que fait le CAC, et surtout, j’essaie de savoir si la météo du lendemain est passable (= moche, mais ça passe) ou si elle va m’obliger à perdre le jour d’avance chèrement gagné la veille en restant sur place en attendant que les orages passent…

L’hébergement : Gîte la Colline Verte

Nuit en gîte topissime : un vrai cocon, avec un salon et ses canapés où l’on peut se vautrer ou bouquiner les livres et magasines présents, un balcon (pour regarder la pluie qui a démarré après mon arrivée), un jardin avec les tables pour manger dehors ou profiter du grand air, de jolies chambres bien décorées. Et le wifi…

Le patron, né au sud de l’Algérie et passé par Paris avant de venir au fond d’une vallée perdue, est super sympa. Il écoute de la musique classique à fond les ballons en cuisinant, mange à table avec nous, cherche à arranger tout le monde en fonction des programmes de chacun.

Sans doute la meilleure adresse de ce deuxième opus.

37 € la demi-pension + 8 € de pique-nique (vu sur le topoguide)

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