Mon GR10, par fK

Étape 21 : Plateau de Beille / Mérens

L’étape en chiffres

27,9 km (pour 24,6 annoncés)

1 509 m de dénivelé (pour 1 390 annoncés)

Étape « facile » (38,5 équivalent-kilomètres prévus)

Départ 08h48, arrivée 17h23

6h45 de marche effective et 1h50 de pause (temps « topo-guide » 10h25, temps prévu 6h15)

Tracé GPS J21

Le journal de l’étape

Vers 3 heures du matin, le froid me réveille, et je dois rajouter une couverture. Mais il y en a plein, fort heureusement !

Comme mon étape est courte et facile, j’ai décidé de faire la grasse matinée jusqu’à 7h30. Mais, alors que je m’attendais à être réveillé vers 6h45 par le jour et l’habitude, je suis réveillé en sursaut par le réveil, alors que j’aurais bien dormi encore quelques heures… L’effet tipi, sans doute.
Je retrouve la famille de 4 au petit déjeuner (l’autre est déjà parti, et je ne le doublerai pas, alors qu’il n’allait pas aussi loin que moi !), et je dévore la moitié du paquet de cracottes pendant que nous parlons du poids des sacs, et du fait qu’ils ont pris un T-shirt par jour pour leurs six jours de balade… Ah oui, forcément, c’est plus lourd.

Je pars bien après eux, peu avant 9 heures, sur une piste large en haut du plateau, qui l’hiver doit être une piste de fond. Quand 20 minutes plus tard, je double le quatuor, l’une d’elles s’exclame « Ah ouais, carrément plus léger » en voyant mon sac sur mon dos. Hé oui…
Je m’arrête peu après, au niveau de la cabane de Beille d’en Haut (1) : à découvert et plus en forêt, sous un grand soleil, il me faut en effet chausser l’équipement adéquat. Tout en profitant de la vue offerte par ce parcours dégagé.
La vue est en effet magnifique depuis cette crête… Le troupeau de vaches ne se rend pas compte de sa chance. Et encore, ce n’est rien à côté de tout ce qui va suivre dans la journée ! Car le parcours reste en crête tout du long, avec des panoramas de plus en plus beaux et de tous les côtés. C’est beau, c’est beau, c’est beau… Je me régale vraiment complètement.

La vue depuis la crête vers le col de la DidorteAprès le col de la Didorte (2), on passe à flanc pendant un moment. Le mode dahu est un peu moins pratique, mais tout aussi beau. Je crois une famille : un père et une fille d’abord, le premier me demandant si je suis allé au sommet (avant de m’expliquer qu’il est possible d’y aller, mais par l’autre face de celle par laquelle j’arrive, donc j’ai du mal à comprendre pourquoi il me pose la question !), puis la mère et trois autres filles. J’ai l’impression de voir la Petite Maison dans la Prairie, du fait des grandes robes de tout ce petit monde.

Les sommets et la vallée depuis la crête des Isards Le refuge de Ruhle dans la descente du col de Beil

A l’approche du col de Beil (3), c’est le vacarme : pourtant les troupeaux sont loin, en contrebas dans la vallée, mais le tintamarre des cloches s’entend de partout ! Étonnant.

J’aperçois le refuge du Rulhe (4) que j’atteins rapidement, non sans avoir envoyé un petit SMS de clin d’œil à ceux de mes anciens collègues qui y sont passés bien avant moi pour un séminaire d’équipe, début d’une longue histoire.
Je m’y arrête, et accompagne mes restes d’une bière et d’une assiette de charcuterie, avant de siroter un café. La vue est magnifique, ma place en terrasse à l’ombre, que demander de plus ?

Il me faut cependant repartir. Le sentier remonte dans les éboulis, il faut franchir les pierres. Mais fort heureusement, les blocs sont gros et les appuis aisés, et les balises tous les deux mètres, complémentées par de nombreux cairns guident les pas du randonneur qui pourrait presque avancer les yeux fermés. Cette étape est décidément fantastique.

Je suis surpris par le lac bleu, que je trouve très orange à mon goût. J’entends des voix, et je mets un temps à distinguer les deux pêcheurs qui sont en tenue camouflage et qui préparent leur matériel. Pourquoi le camouflage, en revanche… ?
Le chemin passe trop près et du mauvais côté du lac par rapport à la carte, ajoutant aux doutes sur la couleur. Et en effet, le véritable lac bleu n’arrive qu’un peu après. Et il mérite bien son nom, tout rentre dans l’ordre.

La vue depuis la crête de la LhasseEncore quelques éboulis, et voici la crête de la Lhasse (5), le clou du spectacle. La vue s’étend de tous les côtés, avec des variations sur les paysages. Je m’y arrête longuement, mitraille de tous les côtés, profite, prend quelques notes. Un hélicoptère passe puis repasse… Mauvais signe que celui-là, quelqu’un est sans doute en route vers les urgences.

Les sommets dans la descente de la crête de la LhasseLa descente est roulante et aisée. Je dévale en profitant d’un paysage qui a complètement changé par rapport à celui de la crête. Et j’aperçois face à moi le programme de l’étape du lendemain, qui me semble tout à fait prometteur (encore que la montée directe de 1 400 m tempère un peu mon enthousiasme).
Ce n’est qu’en arrivant à l’Estagnol du Comte (6), où se trouve un troupeau de Mérens, les chevaux de trait locaux, que je reprends le randonneur présent à la Lhasse et reparti quelques minutes avant moi. Mais une fois sur le plat, il se met à trottiner. Notre écart fait l’élastique, et il finit par me lâcher.

La fin d’étape me paraît longue, comme souvent : une fois arrivé en bas de vallée et dans la forêt, forcément, la motivation est moindre qu’en haut de la crête avec le paysage.
Mais je me console en pensant à l’épicerie présente à Mérens que je vais pouvoir dévaliser de son stock de chocolat et de boissons isotoniques dont je rêve déjà depuis quelques jours.

Voici Mérens-les-Vals (7). Je me lance dans le détour vers l’épicerie… qui est définitivement fermée. Argh… Du coup je retourne au panneau annonçant le gîte, passe sous la voie ferrée, puis la longue, pour revenir juste en face de la vitrine close… Arghhh… Et un autre panneau annonce qu’il reste encore 800 mètres de montée avant le gîte. Arghhhhhh…
En fait, il y a encore plus que ça. Mais bon, c’est autant que je n’aurai pas à faire demain.

Et puis toutes ces petites frustrations sont balayées à l’arrivée au gîte : la patronne m’accueille à bras ouverts, me laisse boire mon coca en terrasse avant de me conduire jusqu’à ma chambre une fois que je suis prêt, me donne un endroit parfait et du matériel pour la lessive. Et la douche est aussi bien qu’à la maison !
Du coup, je prends une deuxième bière en terrasse tellement l’instant vaut d’en profiter.

Le repas est animé, car nous sommes une tablée de 18, dont moult autres GRdistes.
Nous finissons les saladiers de salade avec croûtons et tomates, les merguez et agneau grillés avec leurs pommes de terre sautées, le fromage local et le crumble aux pommes, avant les cafés ou infusions incluses au menu.
De quoi conclure en beauté une parfaite journée.

L’hébergement : Gîte d’étape du Nabre

Le panneau du gîte à MérensSérieux concurrent pour le titre de meilleur hébergement, et peut-être même de tout le parcours. Une ancienne ferme complètement refaite, avec un gîte dont je suppose qu’il est dans une ancienne dépendance, et des chambres individuelles parfaites. Les salles de bain sont communes, refaites à neuf avec d’immenses cabines de douche.
La patronne est aux petits soins, indiquant chaque lieu à connaître, prêtant un panier pour aller étendre son linge, conduisant à un évier plus pratique pour la lessive.

Et la cuisine est à l’avenant, locale et de qualité.
Une adresse à noter dans les tablettes.

50 € la nuit en demi-pension en chambre individuelle et 35 € en dortoir + 7 € de pique-nique  (vu sur le topo-guide).

Ma chambre au gîte de Mérens

Une réflexion au sujet de “Étape 21 : Plateau de Beille / Mérens

  1. Tanguy Jean

    Le gîte du Nabre mérite sa réputation. Très bon accueil. Si vous repassez un ou deux ans plus tard, la patronne vous reconnaît. Et c’est le plus beau dortoir du Gr10 !

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