Mon GR10, par fK

Étape 10 : Arrens-Marsous / Cauterets

L’étape en chiffres

28,3 km

573 m de dénivelé

Étape (trop) « facile »

Départ 09h06, arrivée 14h59

4h58 de marche effective et 0h55 de pause

Tracé GPS 10

Le journal de l’étape

Le bulletin météo

J’ai dormi fenêtres fermées, car les averses de la veille au soir ont bien rafraîchi l’atmosphère. Ce qui ne m’a pas empêché de profiter des orages et d’entendre le tonnerre. Et au réveil, l’orage est bien là, à un ou deux kilomètres seulement. Le bulletin météo ne laissait malheureusement que peu de doutes sur la question.
Entre le plafond qui n’est qu’à quelques encablures au-dessus de ma tête et qui empêchera de voir quoi que ce soit, la pluie et surtout les orages annoncés par le bulletin météo, et un passage du guide qui mentionne un passage rocheux [qui] demande un peu d’attention si la roche est humide : c’est l’Escale d’Ilhéou, passage autrefois redouté des bergers, je me dis que faire l’étape prévue coûte que coûte n’a que peu de sens. Si c’est pour ne rien voir, risquer de glisser, et surtout risquer de prendre la foudre, c’est pas trop pour ça que je venais faire le GR.
Aussi, la mort dans l’âme, je décide, tel Christian Prudhomme sur le Tour de France, de neutraliser l’étape.
Pas de classement du meilleur grimpeur aujourd’hui, c’est sur la route et dans la vallée que tout se jouera.

J’ai donc tout mon temps au petit déjeuner, et je redemande du pain tout en étudiant les cartes publicitaires à grande échelle de la région que je peux trouver dans l’hôtel, afin de voir le parcours le plus direct.
La serveuse m’explique, quand nous échangeons sur le mauvais temps, que le père hollandais et son fils ont décidé eux aussi de ne pas faire l’étape prévue et de rester une nuit de plus à l’hôtel. Pas question pour moi de faire le même choix : vu l’hébergement tristounet, presque glauque, hors de question que je passe la journée à regarder la pluie tomber et à m’ennuyer à cent sous de l’heure… Ce sera donc la route, c’est toujours mieux que rien.
Qui plus est, quand je décide de partir, vers 9h, la pluie décide de s’arrêter. Elle fait bien.

C’est donc parti pour le bitume, et jusqu’à Bun, c’est agrémenté de tout le trafic de véhicules. Je suis content de tourner et de prendre une route plus petite et plus calme.
Saint-Savin… Le village de Pierre… Et dire que depuis des années il nous rabâche à l’envie que sa vallée c’est la plus belle du monde, et que rien n’est assez beau en comparaison. Depuis des années j’entends le même discours, et LE jour où j’y viens, il fait un temps exécrable… Je m’arrête donc pour prendre moult photos témoin du temps gris et du plafond bas, et j’envoie des salves de courriels et de SMS aux copains pour chambrer le régional de l’étape. Ah, je m’en souviendrai, de celle-là !

A Saint-Savin

Saint-Savin, on s’en souvient…

Il se remet à pleuvoir en fin de matinée, et donc je déjeune sous un abribus à Pierrefite. Je picore ma salade de thon et ma barquette de carottes râpées en regardant la pluie tomber et les voitures passer… Pourtant… que la montagne est belle…

La pluie cesse quand je repars, mais l’embellie est de courte durée. Et la route de Pierrefite à Cauterets est tout, sauf pensée pour des piétons. C’est donc un long calvaire à me serrer contre le parapet à chaque voiture, et elles sont nombreuses. Pluie, bitume et trafic, c’est pas vraiment un très bon triathlon.
Je note d’ailleurs l’incivisme des conducteurs qui, même lorsque la courbure est dans le bon sens et qu’ils ont de la visibilité, ne font même pas l’esquisse d’un écart pour m’éviter… Pourtant… que la montagne est belle, et qu’on est bien là-haut dans la nature…

Deux bonnes nouvelles arrivent coup sur coup : l’arrêt définitif de la pluie d’abord, puis le début d’une voie verte cyclable et piétonne, loin de la route, qui m’emmène sur la fin. Cependant, un petit panneau indicateur quelques centaines de mètres plus loin me fait comprendre que j’ai trouvé la voie verte au kilomètre 7,5 sur les 9 qu’elle comporte, mais qu’en réalité elle démarrait de Pierrefite. Ce que me confirme un SMS de Pierre, qui me signale, un peu tard, l’existence de ce parcours bien plus agréable que la route. Entre ça et la météo, je le soupçonne d’avoir monté un complot diabolique.

Cauterets

Enfin c’est l’arrivée à Cauterets. Beaucoup plus tôt que je n’en ai l’habitude, et il va donc falloir occuper un après-midi presque entier. Le gîte est très chouette, et je commence par une petite sieste, ça n’a jamais fait de mal. Puis une balade en ville, agrémentée de quelques photos. J’en profite également pour écrire les deux cartes postales que j’avais prévu de faire à un moment ou un autre (et donc d’alléger mon sac des deux timbres emportés à cet effet !) : une pour mon grand-père, et l’autre à ma sœur, ce qui me permet, avec un score de 164 à 1, d’entamer une remontée fulgurante au nombre de cartes échangées.
Le complot est confirmé : Pierre m’indique par SMS ne pas avoir de bar à me recommander. Je dois donc trouver seul le bar à bière de la ville, histoire de goûter à la pression locale (avec modération).
Puis retour au gîte pour un bon dîner : bouillon et légumes façon pot-au-feu (et je suis content d’en manger, si ma grand-mère me voit de là-haut, elle doit se marrer), viande bouillie et pommes de terre à l’eau et aux herbes, et gâteau aux pommes. Et contrairement aux autres soirs, je suis le seul à dévorer et à me resservir plusieurs fois. Tous les autres en effet, samedi soir oblige, sont tous fraichement arrivés du train ou en voiture, et ne commencent leurs randos (pour la plupart en groupe, mais un couple partira sur le GR avec moi) que le lendemain. Nous n’avons donc pas les mêmes besoins caloriques… Et encore, ils ont de la chance : à neutraliser l’étape et à ne faire « que » 28 km de route et 580 ridicules mètres de dénivelé, je n’ai consommé que 929 calories pendant l’étape, d’après le GPS.

L’hébergement : Gîte le Beau Soleil

Il se mérite, le beau soleil : c’est tout au fond et tout en haut de Cauterets (qui est loin d’être à plat), donc il faut y monter. Et encore, une fois sur place, ça monte encore, dans cette maison sur trois niveaux, pleine de recoins et de détours. Mais ce qu’on y trouve vaut largement cet effort.

Des lits superposés en bois clair, des placards, une cabine de douche ultra-moderne, voici pour le dortoir qui contient tout ce qu’on peut attendre (les toilettes avec juste une porte coulissante, en revanche, c’est un peu moyen). Mais il y a un petit coin lecture avec des revues, un bout de jardin avec une table et des chaises, un autre coin télé à l’entrée avec plein de tables, et une salle à manger avec des photos de montagne et des grandes tables en pin. Le tout est chaleureux, comme l’accueil !

Une adresse où il fait bon vivre.

En revanche, je ne parlerai pas du nom du gîte atteint après une étape pluvieuse…
Mais comme j’y retournerai pour faire les variantes, je le verrai sous son vrai climat !

39,40 € : 39,00 € la nuit en demi-pension+ 0,40 € de taxe de séjour (vu sur le topo-guide).

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