Mon GR10, par fK

Étape 2 : Sare / Bidarray

L’étape en chiffres

37,1 km (pour 33,5 annoncés)

1 326 m de dénivelé (pour 1 135 annoncés)

Étape « moyenne » (44,9 équivalent-kilomètres prévus)

Départ 09h24, arrivée 18h08

6h58 de marche effective et 1h46 de pause (temps « topo-guide » 10h05, temps prévu 7h28)

Tracé GPS 02

Le journal de l’étape1 étoile

Comme ce sera la règle à chaque étape ou presque, je suis au petit déjeuner dès qu’il ouvre. Et dans un hôtel, ça veut dire le premier, et tout seul ! Mais cela tombe plutôt bien. Le descriptif sur Booking ainsi que les commentaires n’ont pas menti, le buffet est tout à fait fréquentable. Je lui fais donc l’honneur qu’il mérite (et qui me permettra d’avoir de l’énergie pour la journée !).

Et c’est parti pour la première étape « normale ». Enfin, normale. Il faut déjà que je commence par rebrousser chemin sur 1,34 km pour retourner à la pharmacie… « SNCF, à nous de vous faire préférer de ne pas prendre le train ». Un tube de crème de plus dans le sac… C’était bien la peine de passer tant de temps à l’optimiser !

Peu après le départ, une petite averse vient voir si j’ai besoin d’un rafraîchissement. Je finis par m’arrêter sous un arbre et par sortir le poncho du sac. Au moins, je ne l’ai pas acheté et emporté pour rien, il aura servi au moins une fois. Mais quinze minutes, pas plus, l’averse repartant aussi vite qu’elle était arrivée.
Normal, elle n’était pas invitée !

Le début de l’étape se fait en sous-bois pendant un long moment, puis toujours en forêt on suit un ruisseau. C’est bucolique. Et puis c’est tout plat. Je me fais la remarque et j’en profite, car je suppose que c’est sans doute la dernière fois. Après tout, le GR10 n’est-il pas réputé (et décrié par ceux qui lui préfèrent le HRP) pour passer son temps à monter et descendre dans toutes les vallées ?

En deux heures, je suis dans le village d’Ainhoa. Comme sur la route, je vais pouvoir y faire ma grande pause de la demi-journée (« une pause toutes les deux heures ! »). Et du tourisme et donc pas mal de photos, puisque c’est véritablement le clou de la journée, ce petit bled basque typique avec ses maisons rouges et blanches (ou vertes et blanches) et son fronton. J’en profite aussi pour acheter deux sandwichs jambon de Bayonne / fromage de brebis local. Quitte à faire dans le typique local…

Ainhoa

Si ça c’est pas typique…

Après Ainhoa, au revoir le plat ! La suite est sur les crêtes. Or une crête, avant de profiter de la vue qu’elle offre, il faut commencer par aller se la gagner. Mais la montée elle aussi offre des vues sur le village, tout aussi beau d’en haut que d’en bas.
Mais finalement, c’est dans cette montée que la vue est la plus sympa. Ensuite, c’est un peu plat et morne, même si l’on voit l’océan pour, ce coup-ci, la vraie dernière fois.

Ainhoa

Ainhoa, c’est pas seulement beau d’en bas !

Une vache sur le chemin

Pas l’air commode… J’ai fait un crochet !

Au bout de la crête, la ferme Esteben. La brume commence à arriver, bon endroit pour faire une pause au chaud. Je pensais pique-niquer plus tôt, mais finalement c’est juste avant l’entrée de la ferme que je mange un des sandwichs. Pour ensuite entrer, et demander un dessert et un café. Le dessert sera du lait caillé des brebis locales, il n’a de toute manière que cela ! Mais qu’importe, la pause est agréable.

La patronne répond également à la question que je n’ai même pas eu à lui poser : elle s’enquiert du sens dans lequel je parcours la traversée, et me mets en garde : « vous savez qu’au col de Méhatché, il ne faut pas prendre le GR, hein. C’est dangereux ! N’allez pas vous casser le nez ». Je lui dis que oui, je sais, il faut prendre le sentier « des contrebandiers », balisé en orange. Le topo-guide prévient en effet d’une descente escarpée qui peut être difficile par mauvais temps, et de la variante sûre.
En arrivant au col, de toute manière, la question ne se pose même pas : je suis dans le brouillard complet, et la visibilité n’est même pas d’une dizaine de mètres. Je ne vois même pas les troupeaux que j’entends pourtant tout près.
Je suis doublé par une voiture immatriculée aux Pays-Bas… qui s’arrête cent mètres plus loin, coincée par un groupe de pottöks qui n’a manifestement aucune intention de laisser le passage libre. Il faut l’intervention du piéton que je suis pour les faire bouger un peu et libérer la machine !

Le sentier des contrebandiers est en grande partie une piste forestière. Au moins, pas de risque de rater le chemin dans le brouillard, et pas de risque de glisser sur les pierres dans la falaise. Et rapidement, je repasse sous le nuage, qui sur la fin a l’air de vouloir lancer une petite averse.
C’est à ce moment que je passe à côté d’une maison d’où un chien sort, vient vers moi et commence à aboyer. Je me prépare à le sermonner quand la mamie qui doit en être la propriétaire fait elle aussi son apparition, et me demande si j’en ai trouvé beaucoup. Elle parle de champignons, bien sûr !
Nous échangeons quelques mots, elle me raconte la vie du village, et les deux morts récents en montagne dans le coin. C’est toujours rassurant…

Au bout de 6h15, donc avec plus d’une heure d’avance sur mon horaire calculé, je suis à destination à Bidarray, un autre joli village avec son église romane perchée. Je trouve deux hôtels qui ne sont pas le mien, le gîte / refuge plein de randonneurs et de jeunes, mais pas mon hôtel.
Ce n’est que 45 minutes et 5 kilomètres plus tard que j’arrive à destination, dans un hôtel situé à l’autre bout du village, en bas de la partie perchée, le long de la rivière et de la ligne de chemin de fer. Ma terrasse donne d’ailleurs sur la gare, voire ne fait qu’un avec le quai de la gare (gare, c’est un bien grand mot, d’ailleurs, puisqu’il n’y a aucun bâtiment, une seule voie, et juste un panneau avec le nom du village !).
L’accueil est glacial : je salue et donne mon nom, et la patronne à l’accueil déclame un « Chambre 3 » à une fille qui s’apprêtait à monter un escalier. Je la suis, elle s’arrête devant une porte et me dit « Voilà ». Trois mots au total, c’est tout ce à quoi j’aurai droit…
Je retourne donc dîner en haut de la côte, là où cela avait l’air plus sympa.
Je suis à table à 19h30. Une grosse bière, une cassolette de piperade gratinée, un axoa de très belle facture et encore un gâteau basque. Plus local, je ne pouvais pas !
Et du coup, dodo à 22h après la balade retour. Ça a du bon, la rando, ça donne un rythme de vie sain. Mais il me faudra un temps fou pour vraiment dormir : je suis au-dessus de la cuisine, et j’ai des bruits de vaisselle, puis de chargement et de déplacement des containers poubelles jusqu’à pas d’heure.
Il y a de tout sur Booking… Et parfois c’est pas terrible. La fatigue devra faire le reste !

L’hébergement : Hôtel Noblia1 étoile

Bah, en un mot, nul. Tout d’abord parce qu’il est très mal situé, en bas du village et loin du GR. Même une fois trouvé le chemin le plus rapide, il y a un bon kilomètre et 70 mètres de dénivelé pour aller au centre.
Ensuite, accueil en trois mots, chambre vieillotte et salle de bains encore plus (y’avait un bidet pour la lessive, c’est à peu près tout), avec certes une grande terrasse, mais qui est sur les rails du train, fort heureusement pour moi en cours de réfection, donc sans passage. Mais surtout, chambre juste au-dessus des cuisines et de l’endroit où sont les containers poubelle, donc avec du bruit.
Petit déjeuner tout à fait quelconque (un verre de jus d’orange à bas prix, un croissant, une demi-baguette, beurre et confiture) même si à ce moment-là l’hôtesse a été plus agréable.

58,65 € : 58 € la nuit + 0,65 € de taxe de séjour
(trouvé et réservé via Boooking)

Une réflexion au sujet de “Étape 2 : Sare / Bidarray

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