Mon GR10, par fK

Étape 15 : Melles / Eylie d’en Haut

L’étape en chiffres

22,1 km (pour 20,9 annoncés)

1 878 m de dénivelé (pour 1 905 annoncés)

Étape « facile » (40,0 équivalent-kilomètres prévus)

Départ 08h12, arrivée 17h05

5h37 de marche effective et 3h16 de pause (temps « topo-guide » 10h25, temps prévu 6h15)

Tracé GPS J15

Le journal de l’étape

Le cycliste étant parti très tôt pour éviter la chaleur, je petit-déjeune en compagnie de notre hôtesse, avant de m’équiper. Et alors que je fais mes lacets devant la porte, le randonneur à surchaussures fluo et bidons passe devant moi. Hé bé, il marche bien aussi, même si je le doublerai rapidement après mon départ !

Le démarrage se fait face au soleil, sur la route qui monte à Labach-de-Melles, le hameau d’après (1). Et donc je dois me ranger pour laisser passer les voitures… Ensuite, c’est de la forêt. C’est frais et agréable, mais il n’y a pas de vue. Tant pis.

Un pont en bois sur le plateau d'UlsEt enfin on débouche sur le plateau d’Uls (2), qui est en fait en pente montante. On suit un ruisseau, et il est temps pour moi de m’équiper contre le soleil.
Tourbières, prés tout verts, cabane isolée, petit pont de bois. Mais ma parole, je viens de passer de la Haute-Garonne au Connemara sans m’en rendre compte !
Comme l’étape est courte, j’en profite, je prends mon temps.

Quand j’arrive au pas du Bouc (3), un couple me hèle et me demande si je parle anglais. La fille s’est foulé la cheville, ne tient plus debout. Ils me demandent comment s’en sortir… Le refuge n’est pas loin, mais vu qu’elle ne pourra pas y aller, je leur dis que j’y vais, et que je ferai appeler les secours depuis là-bas.
Plus question de traîner, j’avale la crête et je suis au refuge d’Araing (4) moins de 30 minutes plus tard, où l’un des cinq gardiens appelle immédiatement le PGHM de Haute-Garonne une fois que j’ai détaillé la situation, donné le poids de la randonneuse (il fait chaud, et l’hélico ne peut pas emmener trop de charge, donc ils adaptent le nombre de secouristes en fonction, m’expliquera le gardien). Et pas celui de l’Ariège, car si le refuge est en Ariège, le col d’Auréan fait limite départementale, donc la blessée est dans le 31, et les hélicos, s’ils franchissent leur limite départementale, doivent faire une tonne de paperasse, donc ils évitent. Bienvenue en Administrativestan, ce pays également appelé la France et où les procédures et contraintes sont un sport national…
Je propose de remonter tenir compagnie à la blessée. Les gardiens me disent que ce n’est pas la peine, et comme potentiellement demain, je fais double étape, je décide en effet de garder des forces. Alors je me pose en terrasse, et je profite de la vue exceptionnelle, discutant avec les gardiens et un berger qui lit son bouquin, ses trois chiens dormant au frais sous les tables. Je prends un panaché, puis deux, pour accompagner mon pique-nique. C’est cool, la rando.

L'étang d'Araing depuis la terrasse du refugeNous n’avons toujours pas entendu l’hélico, et quelqu’un téléphone au refuge pour demander ce qu’il en est. Je suppose que c’est mon randonneur fluo qui est arrivé à son tour sur le couple, et que forcément, l’attente paraissant toujours longue, ils ont dû croire que je n’avais rien fait.
L’hélico 31 a des urgences plus graves à traiter avant, d’où son retard. Alors que l’hélico 09 n’a rien à faire. Finalement, après coup de fil, c’est l’ariégeois qui affrontera les papiers et passe au-dessus de nous par deux fois, à très peu d’intervalles. C’est rapide, un hélitreuillage !

C’est bien mon randonneur du matin qui arrive un peu plus tard avec le copain de la blessée, tremblant de ton son corps. Ce dernier remercie chaleureusement leur sauveur, échange ses coordonnées. C’est bien ça, il a dû croire que je n’avais rien fait.
Il demande le chemin pour Saint-Girons, et sera finalement accompagné dans la descente puis à l’hôpital par deux autres randonneurs qui descendaient du pic.
J’échange quelques mots avec Warren, le randonneur fluo, et je me décide à repartir vers 14h30. Ça cogne, et il reste quand même un peu de route.

A la serre d’Araing (5), on commence à voir tous les bâtiments de l’ancienne mine de plomb argentifère et de zinc de Bentaillou (6), fermée il n’y a pas si longtemps.

Les restes de la mine de BentaillouLa première partie de la descente est agréable, dans l’herbe, la fin beaucoup moins, car la pente est vraiment forte. Je double un couple de hollandais reparti bien avant moi du refuge. Et enfin, on arrive au frais en forêt, puis à Eylie en même pas 6 heures de marche. Vraiment une étape courte, c’est autant de forces gardées pour demain !

Je m’installe au gîte, en étant allé voir les gardiens à l’autre bout du hameau. J’apprends l’existence et le départ de la TransPyrenea, une course consistant à faire tout le GR, dans l’autre sens, du Perthus à Hendaye, en 400 heures. Whaou ! Les coureurs sont partis ce midi, je les croiserai donc sur mon périple.
La gardienne me rassure également sur la météo du lendemain, et n’est pas étonnée outre mesure d’apprendre mon intention de rallier Esbints, annoncé à trois jours de marche par un panneau près du gîte. Je ne dois pas être le seul à sauter les étapes.

De retour au gîte, je vais me rincer dans le ruisseau (avant une vraie douche). Mmmhh… C’est vraiment top !
L’épouillage ne montre rien de suspect. J’ai eu peur ce midi au refuge quand le berger a enlevé une tique énorme d’un de ses chiens, sachant qu’ils étaient tous contre moi. Mais c’est bon.

Nous sommes nombreux au gîte. Je discute avec un breton qui fait le GR en une seule fois, le premier que je rencontre, le couple de hollandais doublé en descente, et d’autres.
Puis vient le repas, avec une petite salade, un gros cassoulet dont je me ressers moult fois, ainsi que du vin rouge, et une croustade.

Et au lit : demain… grosse journée sans doute.

L’hébergement : Gite d’étape d’Eylie2 étoiles

Premier gîte d’étape de la série.
Il est grand, sur deux niveaux, avec pas mal de lits, mais globalement confortable, avec une très grande salle commune. Heureusement, nous étions une vingtaine à table, rien que ça !

Les propriétaires vivent au village (dont ils sont les deux seuls habitants permanents !), et les repas se prennent dans une grande salle dédiée à cet effet, et qui fait également office de musée de l’ancienne mine.
Le tout avec une immense baie vitrée sur toute la longueur qui donne sur la montagne. Un bel endroit.

39 € la nuit en demi-pension (vu sur le topo-guide).

Le gîte d'étape à Eylie d'en haut

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